Erschienen im "Luxemburger Land"

Raumbegehung: L’espace du Dance Palace 2007 par Susanne Schorr

SixiËme et dernier mois de crÈation pour le Dance Palace. Chaque fin de mois les artistes en rÈsidence prÈsentent leurs projets et ce dans le cadre de l’annÈe culturelle europÈenne 2007.

Chaque mois, les artistes en rÈsidence vous sont indiquÈs avec un Èclairage particulier sur l’un ou l’autre des projets qui aura retenu plus particuliËrement notre attention.

Ce rendez-vous significatif du travail de recherche des crÈateurs ancre Dance Palace comme un lieu incontournable d’expÈrimentation qui mÈriterait de perdurer aprËs l’annÈe culturelle europÈenne 2007.

Pour ce mois de rÈsidence, le public pourra dÈcouvrir les artistes suivants: la Smalah (Dolce Vita), Ignacio Martinez (A Room.Short stories at the Dance Hotel) lequel dÈbute son deuxiËme mois en rÈsidence au Dance Palace, Klaus MaBem (Straight on track) ainsi que Susanne Schorr (Raumbegehung).

La ´†performeuse†ª Susanne Schorr prÈsente le cinquiËme volet de son travail d’inspection de l’espace. Elle a dÈbutÈ cette recherche en 2004 puis a produit trois ´†art performances†ª en 2006. Cette performance s’inscrit dans la sÈrie ´†Raumbegehung†ª dÈj‡ montrÈe ‡ Sarrebruck, Vˆlklingen, Mannheim et Homburg/Saar.

AgÈe de 34 ans, allemande et ‡ ce jour enceinte de 7 mois, cette artiste entend donner un nouvel Èclairage ‡ son travail du fait mÍme de sa grossesse. Son travail intÈgrera cette nouvelle donnÈe physionomique et limitera le cÙtÈ physique de l’exploration de l’espace.

En effet, si elle refuse de se dÈfinir comme danseuse – chorÈgraphe, c’est parce que son parcours est atypique. L’ensemble des formations qu’elle a suivi en danse classique et contemporaine ne l’ont ÈtÈ que dans le cadre de ses activitÈs de loisirs.

Par ailleurs, elle a dÈcidÈ de ne pas intÈgrer de compagnie de danse afin de rester libre et de ne subir selon ses dires ´†aucune contrainte sur ses mouvements†ª. Ces derniers sont totalement improvisÈs lors de la performance. Ils restituent son  Èmotion intÈrieure et ne servent donc point de supports aux mouvements en tant que tels.

AprËs des Ètudes d’art (option ´†performance†ª) ‡ l’Ecole SupÈrieure des Beaux-Arts de Sarrebruck, Suzanne Schorr a identifiÈ l’impact de l’espace sur sa perception et sur sa facultÈ ‡ se mouvoir.

RÈcemment diplÙmÈe (2006), elle a suivi une maÓtrise chez Ulrike Rosenbach, avec laquelle elle s’est produite au Festival International de las Artes Castilla y LÈon en Espagne.

Contrairement ‡ certains artistes, il est difficile de retracer les personnes influentes avec qui elle a pu travailler. L’axe de sa recherche maintient la ´†performeuse†ª dans une certaine solitude lors de sa prestation artistique mÍme si cette derniËre lui procure une totale autonomie.

Toutefois, ‡ l’occasion de ce projet, Suzanne Schorr sera assistÈe de Michael Fuchs (vidÈo) alors que l’univers acoustique, lumineux et appropriation de l’espace lui reviendront et lui appartiendront. La performance emprunte certes des ÈlÈments aux arts plastiques, ‡ la musique et ‡ la poÈsie, mais elle reste essentiellement multidisciplinaire.

Actuellement, l’artiste profite de ce mois de rÈsidence pour dÈvelopper son propre langage chorÈgraphique issu de sa personnalitÈ et de ses ressentis face aux lieux du Dance Palace en vue du finissage du 30 septembre et des workshops qui auront lieu.

Le concept s’apparente Èvidemment ‡ la technique de danse Buto et n’est pas sans rappeler le travail d’autres rÈsidents au Dance Palace†: Aurore Gruel et Emilie Salquebre (Temps de Fonte) et celui de Camille†Mutel (Le Sceau de Kali) –LÎtzebuerg Danz Festival 2007.

Le concept Èvoque tout autant l’art performance ou la tradition artistique interdisciplinaire du milieu du XXe siËcle dont les origines renvoient aux divers mouvements d’avant-garde (dadaÔsme, etc…).

En l’occurrence, Susanne Schorr, nourrit sa crÈativitÈ, en exerÁant quotidiennement son corps, en lisant, mÈditant et en organisant l’espace afin d’Ítre prÍte ‡ prendre ce risque immÈdiat de l’improvisation, prÈsentÈe en public, d'ailleurs souvent en interaction avec les membres de celui-ci.

Le paradoxe de l’art ÈphÈmËre se retrouve au cœur du dilemme de l’artiste une fois encore. Elle dÈcidera de ce qu’elle souhaite rÈvÈler sur elle-mÍme et son choix sera symptomatique de qui elle est dans cet espace dÈfini imposÈ ou appropriÈ par elle.

Laissant uniquement la place ‡ l’improvisation, la ´†performeuse†ª ouvrira au public sa vision quant ‡ des suggestions d’utilisation de l’espace.

Lors du finissage du 30 septembre, le travail de recherche de Suzanne Schorr et celui trËs diffÈrent d’Ignacio Martinez livreront tous deux ‡ n’en pas douter leur poÈsie rÈciproque.

Emmanuelle Ragot